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Il ne faut pas confondre la crise d'adolescence et la dépression chez l'adolescent

Le 14 janvier 2019
L’instabilité émotionnelle caractéristique de l’adolescence, dite « crise d’adolescence » ,ne doit pas être confondue avec la dépression. Les propos suicidaires et encore davantage les passages à l’acte de l’adolescent sont à prendre au sérieux.

« Crise d’adolescence » ou état dépressif chez l’adolescent ?

Certes, les changements de l’humeur à l’adolescence sont assez caractéristiques de cette phase du développement, ceci étant en partie dû aux bouleversements hormonaux, ainsi qu’à l’instabilité émotionnelle créée par le bouillonnement des questions sur Soi, l’entourage, l’Avenir.

Le parent de l’adolescent se doit ainsi d’acquérir une certaine capacité à relativiser des attitudes déroutantes .

Pourtant, il est important de ne pas pour autant banaliser ce qui serait en fait des manifestations de dépression.

A travers ses consultations nationales auprès des jeunes , l’UNICEF a pu récolter des paroles de jeunes qui révèlent que chez un certain nombre d’adolescents, les troubles de l’humeur ne sont pas qu’un aléa de la construction psychique, et entrent bien dans le registre de la dépression.

Quels sont les signes de la dépression chez l’adolescent?

Comme chez l’adulte, on trouvera des problèmes de sommeil, le désintérêt, les difficultés de concentration, l’inhibition intellectuelle, pensées et paroles négatives, le retrait social sont des symptômes d’alerte, comme peut l’être le désinvestissement scolaire.

Certaines attitudes comme l’opposition aux adultes, l’agressivité, les prises de risque excessif, la désinvolture, peuvent être des comportements de « prestance » qui masquent un état dépressif. Ces facteurs peuvent être considérés comme aggravants, dans la mesure où ils révèlent des difficultés de communication avec l’entourage, et révèlent donc une difficulté à demander de l’aide, une perte de confiance en l’adulte . Le retrait social est également un symptôme d’alerte.

Les causes

Certains événements comme un deuil, une séparation parentale, une rupture sentimentale, le harcèlement scolaire (qui génère une perte d’estime de Soi), peuvent enclencher un processus morbide. Des événements plus banales comme un déménagement, le départ de l'ainé du foyer, peuvent fragiliser le jeune. Les changements corporels mal vécus, la difficulté à s’intégrer, la peur de l’avenir, sont d’autres facteurs bien connus.

Les propos suicidaires de l'adolescent présentent-ils des risques de passages à l'acte ?

Le parent d'adolescent ou l'adulte qui en est témoin ne doit jamais banaliser de tels propos en se disant que «  c’est normal, que c’est la crise d’adolescence » ; en effet, ce n’est pas la même chose à cet âge de se questionner sur la mort que de d’y penser comme une possible porte de sortie. De même, passer à l’acte, même si le risque réel encouru parait faible, (30 tentatives de suicides pour un suicide « réussi ») est un franchissement du tabou vers ce qui pourrait un jour sembler pour l’adolescent comme la seule solution à ses problèmes.

Comment réagir en tant que parent ou proche, face à des propos ou attitudes qui évoquent une dépression et un risque de passage à l’acte suicidaire chez un adolescent ?

-dire à son enfant son inquiétude, en essayant d’établir le dialogue, et en évitant de répéter les mêmes reproches

- si le dialogue n’est pas possible, proposer à l‘ adolescent d’en parler à quelqu’un en qui il a confiance (ami, parent, médecin)

- proposer de rencontrer un professionnel, extérieur à la famille

- en cas de blocage total et de danger pour le jeune, il faudra envisager une hospitalisation. Elle se fera avec l’accompagnement d’un psychiatre en milieu psychiatrique ou pédiatrique, et un suivi devra être mis en place à la sortie de l’hopital.

Psychologue à LYON 4 proche de Caluire, je rencontre fréquemment en consultation des adolescents. Selon les cas, la première consultation peut se faire en votre présence, ou seul avec le jeune. N'hésitez pas à me contacter.

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